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Shampoing solide vs shampoing liquide : Avantages, inconvénients et comparatif
Nous nous souvenons tous de ce premier galet de shampoing solide reçu en cadeau ou acheté sur un coup de tête, posé sur le rebord de la douche sans notice d’utilisation. On le tourne dans les mains, on hésite entre le frotter directement sur le crâne ou d’abord entre les paumes, et on se demande si cette mousse timide va vraiment nettoyer nos cheveux comme le flacon qu’on utilise depuis vingt ans. Ce doute, presque tout le monde l’a ressenti. Le shampoing solide s’est imposé comme un symbole de salle de bain responsable, mais son concurrent liquide n’a rien d’un produit dépassé pour autant. Nous allons regarder de près ce que chaque format contient réellement, ce qu’il coûte à l’usage, ce qu’il pèse sur l’environnement et ce qu’il fait concrètement à votre cuir chevelu, pour que votre choix repose sur des faits plutôt que sur une tendance.
Composition : ce qu’il y a vraiment dans le flacon et dans le galet
Un shampoing liquide classique est composé à 70 à 95 % d’eau. Le reste se répartit entre agents moussants, conservateurs, parfums et parfois quelques actifs ciblés. Cette dilution a un avantage concret : elle permet d’incorporer facilement des ingrédients qui supportent mal la transformation, comme certaines huiles végétales ou le lait d’ânesse, utilisés à l’état quasiment brut. Le shampoing solide fonctionne à l’inverse. Il est quasi anhydre, ce qui oblige les fabricants à concentrer les tensioactifs et les actifs dans une matière compacte.
Dans la pratique, cette concentration change votre geste sous la douche. Une simple noisette de solide, frottée quelques secondes entre les mains humides, remplace plusieurs pressions de flacon. C’est cette densité qui explique la longévité d’un galet, mais elle demande aussi d’apprendre à doser sans se fier aux réflexes acquis avec le liquide.
Impact écologique : un match qui penche nettement d’un côté
Sur ce terrain, les chiffres parlent d’eux-mêmes. En France, environ 174 millions de bouteilles de shampoing sont vendues chaque année, pour un chiffre d’affaires qui dépasse les 495 millions d’euros. Chaque flacon transporte son eau depuis l’usine jusqu’à votre salle de bain, ce qui alourdit le poids des camions et l’empreinte carbone du transport. Le shampoing solide, lui, se transporte sans eau ajoutée et sans flacon plastique, dans un emballage carton ou un film compostable la plupart du temps.
Voici un tableau qui résume les écarts principaux entre les deux formats sur le plan environnemental.Critère Shampoing liquide Shampoing solide Teneur en eau 70 à 95 % Quasi nulle Emballage Flacon plastique, parfois recyclé Carton recyclable ou film compostable Équivalence en bouteilles 1 flacon 2 à 3 flacons de liquide
Ce tableau montre bien pourquoi le solide gagne presque systématiquement les comparatifs environnementaux. Mais l’argument écologique ne suffit pas à lui seul à justifier un changement d’habitude si votre budget ou votre confort au quotidien en pâtissent, ce qui nous amène directement à la question de l’argent.
Budget réel : celui qui coûte le plus cher n’est pas toujours celui qu’on imagine
À l’achat, un galet de shampoing solide affiche souvent un prix supérieur à celui d’un flacon standard de supermarché. Cette différence de ticket de caisse pousse beaucoup de gens à conclure, un peu vite, que le solide est un produit de luxe. Le calcul change dès qu’on rapporte le prix au nombre d’utilisations : un galet dure généralement entre 60 et 80 lavages, soit l’équivalent de deux à trois flacons de 250 ou 300 ml.
Le liquide, lui, se vide plus vite qu’on ne le pense, entre les pressions généreuses et le gaspillage lié à un flacon qu’on incline mal en fin de vie. Sur une année complète, l’écart de coût réel entre les deux formats est souvent bien plus faible que ce que suggère le prix affiché en rayon, parfois même à l’avantage du solide. Ce n’est donc pas un argument marketing creux, mais il ne faut pas non plus en attendre des économies spectaculaires dès le premier achat.
Au quotidien : la vraie différence se joue sous la douche
Le shampoing liquide reste imbattable sur un point : il ne demande aucun apprentissage. On verse, on masse, on rince, la mousse arrive tout de suite et le geste est identique depuis l’enfance. Le shampoing solide impose une gestuelle nouvelle, qui déstabilise beaucoup d’utilisateurs les premières semaines. Frotter le galet directement sur les cheveux mouillés ou le faire mousser d’abord dans les mains, trouver la bonne pression, éviter les nœuds qui apparaissent parfois pendant cette phase d’adaptation, tout cela prend du temps.
Nous avons observé, comme beaucoup d’utilisateurs qui témoignent en ligne, que cette période d’ajustement dure généralement deux à trois semaines avant que le geste devienne naturel. Une fois passée cette étape, le format solide révèle son vrai atout pratique : en voyage, il passe sans souci en bagage cabine, alors que le liquide reste contraint par la limite des 100 ml imposée en avion.
Quel format pour quel cuir chevelu et quel type de cheveux
Le choix ne devrait jamais se faire uniquement sur des critères écologiques ou budgétaires. Le pH compte tout autant, sinon plus. Notre cuir chevelu a naturellement un pH acide, situé entre 4,5 et 5,5. Un shampoing trop éloigné de cette valeur fragilise la barrière cutanée et ouvre les écailles de la fibre capillaire. Or tous les shampoings solides ne se valent pas sur ce point : ceux obtenus par saponification, la méthode traditionnelle des savons, affichent un pH alcalin qui peut atteindre 10, tandis que les formules solides à base de tensioactifs doux restent généralement entre 6,5 et 9, donc plus proches de l’équilibre recherché.
Pour les cheveux gras, la prudence s’impose avec un galet appliqué directement sur les racines, au risque de stimuler la production de sébum. Pour les cheveux colorés, mieux vaut privilégier une formule au pH bas, autour de 4,5, afin de limiter le dégorgement de la couleur. Les cheveux secs ou bouclés, eux, profitent souvent d’une texture liquide plus facile à charger en agents hydratants et en huiles protectrices. C’est précisément sur ce terrain technique que les marques capillaires professionnelles se distinguent des formules grand public : les soins et shampoings Keune sont pensés selon les besoins spécifiques du cuir chevelu et du type de cheveu, qu’il s’agisse d’un format solide ou liquide, plutôt que formulés autour du seul argument du contenant. Cette approche par diagnostic capillaire reste, selon nous, le repère le plus fiable pour ne pas se tromper de produit.
Le verdict : lequel choisir selon votre situation
Avant de trancher, une seule question mérite vraiment d’être posée : qu’est-ce qui vous ferait abandonner un shampoing au bout de trois semaines ? La réponse dépend rarement de l’étiquette écologique et beaucoup plus de votre quotidien réel. Voici quelques repères pour vous situer.
- Cheveux longs et épais qui demandent une mousse abondante et rapide : le liquide reste plus confortable.
- Petit budget mensuel sur un seul achat : le flacon d’entrée de gamme garde l’avantage à court terme.
- Déplacements fréquents en avion ou en bagage cabine : le format solide simplifie tout.
- Zéro déchet non négociable dans votre salle de bain : le solide s’impose sans discussion.
- Cuir chevelu sensible, coloration récente ou pellicules : le critère du pH doit primer sur le format lui-même, quel que soit le camp choisi.
Le débat entre solide et liquide n’a jamais été une guerre à gagner, mais un choix à ajuster à vos cheveux, votre rythme de vie et vos convictions. Un bon shampoing, au fond, n’est jamais celui qui suit la tendance, mais celui qui respecte votre cuir chevelu.








